Post apo presque solar punk, contestation et verdure, le tout porté par Lierre, une drôle de petite nana au caractère bien trempé, et la mystérieuse Sable. C'est une partie de la recette de "La grande verdure" de Lucie Heder, un roman écoféministe qui tord le cou aux clichés du genre.
Dernier épisode du making-of littéraire consacré à Mes Mauvaises Pensées, de Nina Bouraoui. Après l'approche de la genèse même du roman, la poursuite avec le travail d'écriture, voici l'univers autour du roman, le contexte d'écriture, les inspirations...

3. L'univers autour du roman
Avez-vous écrit ce roman dans les mêmes conditions que les autres ?Oui, la maison était en travaux. Nous avions décidé d’ouvrir les cloisons. J’ai travaillé au bruit du marteau piqueur pendant deux mois. Dans la poussière aussi. C’était fou. Et très exaltant. Pendant que j’entendais le chef de chantier, le maçon, les peintres etc travailler, je bâtissais mon propre ouvrage. Les forces circulaient dans la maison. C’était incroyable. Le bruit ne m’a jamais dérangé. Bien à l’inverse. Il y avait une sorte d’émulation collective et l’impression aussi d’accomplir un devoir secret au milieu du chantier ambiant.Dans quelle mesure pensez-vous que les conditions extérieures peuvent influencer l'écriture ? Dans ces cas-là, j’avais si peur d’être dérangée par les travaux que je les ai en quelque sorte intégrés à mon rythme de travail. Je commençais à sept heures, je finissais à seize heures. J’avais mon propre projet, comme mes partenaires de travaux.

Pensez-vous un jour retourner à Alger ?Oui je le pense vraiment. Et je le désire. On ne passe pas les quartorze premières années de sa vie dans un pays sans en ressentir le manque. Je dois voir ma ville, mon quartier. C’est important pour moi. Il me manque une part de moi-même, souvent.

Quels livres avez-vous lus pendant l'écriture ?Je me souviens d’un livre en particulier : Mille morceaux de James Frey. Comme lui je travaillais à l’intérieur d’un bloc. Comme lui j’affrontais des démons. J’aime beaucoup James Frey.

Quels films avez-vous regardés pendant l'écriture ? Elephant de Gus van Sant. Pas d’influence, mais la notion du temps justement. Le montage du film est fou. J’ai adoré les différentes prises de vue. Comme dans la vie. Un seul événement peut recouvrir une multitude d’interprétation.


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