À la découverte de la diversité littéraire européenne avec la cuvée 2026 de l'EUPL, Prix de Littérature de l'Union Européenne. Pour inaugurer ce cycle de rencontres et échanges, l'écrivain liechtensteinois Mathias Ospelt nous emmène en masterclass dans les coulisses de son travail.
Ni nouvelles, ni romans, les novellas présentent un certain avantage : elles apportent plus de dépaysement qu'une nouvelle et demandent moins d'implication qu'un roman. Un peu comme un film pas trop long, qui divertit sans endormir. Bref, vous l'aurez compris, les éditions Faute de Frappe, spécialisées dans les livres que l'on évite d'offrir à sa grand-mère, à moins qu'elle ne soit tout droit sortie de "Granny" (ndlr : un nanar d'horreur avec une mamie tueuse) s'aventure dans des concentrés d'horreur pure. Irrévérencieux, gores et brutaux, mais qualitatifs, les textes de cette éditeur font souffler un vent de contre culture dans le paysage de l'édition indépendante. Y compris avec cette nouvelle collection "L'heure affreuse", qui tient pleinement ses promesses. En une heure de lecture, vous devrez lutter pour ne pas vous cacher sous le canapé. Vu les températures, vous pourrez mettre votre sueur de peur sur le dos de la canicule, pas sur votre petite nature. Bonne lecture et bonnes frayeurs.

Vous venez de lancer une collection de textes courts, « L’heure affreuse », pourquoi ce choix ?
Depuis le lancement de Faute de frappe, nous étions confrontés à un type de lecteurs, disons intermédiaire, qui ne se retrouvait pas ni dans la longueur d’un roman, ni dans le côté morcelé et « fourre-tout » d’un recueil de nouvelles… D’où l’idée d’une collection de novellas, des romans courts autour de 150 pages. Et pourquoi L’Heure Affreuse ? Parce qu’on publie de l’horreur, pardi !
Comment sélectionnez-vous les textes qui y figureront ? Est-ce vous qui les demandez aux auteurs de votre catalogue ou recevez-vous des propositions ? Les deux. Soit on va chercher un texte ou une plume particulière, soit nos auteurs maison nous concoctent quelque chose. Nous partons sur des fournées doubles, avec à la fois un texte francophone et une traduction, toujours inédits.
Avec le développement des littératures de l’imaginaire auprès du grand public, avez-vous observé un intérêt plus marqué pour l’horreur en littérature ?
Oh oui ! Surtout depuis deux ans. On sent le retour en fanfare d’un genre délaissé depuis vingt ans par les maisons d’édition et les librairies françaises… Certes, ça rend la concurrence un peu plus farouche, mais c’est aussi une effervescence assez jouissive.
Dans ce registre, on pense automatiquement aux grandes noms anglo-saxons, mais qu’en est-il de l’horreur en France ?
L’horreur en France existe. Il y a des plumes très talentueuses, qu’il faut pour la plupart aller chercher dans l’autoédition et les circuits alternatifs. Car, comme dit juste au-dessus, le désert éditorial de ces vingt dernières années a forcé beaucoup de monde à se débrouiller seul. Je citerai volontiers Caroline Carton, qui vient de gagner le prix Masterton avec son roman Demonium Circus. On va penser que j’exagère parce que c’est une copine, mais elle écrit très bien et mériterait beaucoup plus d’attention.
Vous publiez par ailleurs beaucoup de nouvelles chez Faute de Frappe, quels sont les retours des lecteurs et lectrices sur la forme courte ?
Bons, dans l’ensemble. On propose soit des one-shots thématiques – Enfances, Une nuit avec Graham Masterton – soit des auberges espagnoles un peu foutraques, comme avec Nos Plus beaux Effets Gore, avec à boire, à manger, et parfois même à vomir 😊
Vous proposez des pré-commandes sur votre site, est-ce un moyen de lutter contre le pilon et les retours grâce à un tirage plus juste ?
C’est surtout le moyen de créer un lien direct entre le public et nous, ce qui facilite beaucoup de choses. Nous sommes diffusés en librairie, mais notre communauté de lecteurs – sur la boutique en ligne ou dans les salons – assure une première base solide pour nos publications.

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