[INTERVIEW] Au coeur du festival "Un week-end à l'Est"

Depuis 2016, une ville d'Europe centrale ou orientale est célébrée à travers 5 jours de festival culturel dans différents lieux du Quartier Latin

[INTERVIEW] Au coeur du festival "Un week-end à l'Est"

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24/11/2021
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Du 24 au 29 novembre se tient à Paris le festival culturel, plus encore que littéraire, "Un weekend à l'Est". Depuis 2016, une ville d'Europe centrale ou orientale est célébrée à travers 5 jours de débats, rencontres, projections, expositions et concerts dans différents lieux du Quartier Latin. Cette année, c'est Sofia, capitale de la Bulgarie, qui est mise à l'honneur. Brigitte Bouchard, la directrice artistique du festival, dévoile les grandes lignes de cette édition 2021, placée sous le signe des retrouvailles avec le public.

Comment est né ce festival, dédié aux cultures des pays de l’Est ?

Ce festival est né à l’époque où j’avais mon bureau à l’étage de la librairie Polonaise et je me questionnais sur l’avenir de le la littérature de l’Est. J’ai échangé sur le sujet avec Vera Michalski, directrice éditoriale de Noir sur Blanc, et a surgit l’idée d’organiser un festival au sein de la librairie le temps d’un week-end. Puis de fil en aiguille en tentant de composer la première édition consacrée à Varsovie, des liens évidents entre les disciplines artistiques surgissaient. Puis en poussant la réflexion, le quartier latin a perdu de sa vitalité artistique depuis quelques années et en créant un parcours artistique dans une douzaine de lieux différents du sixième, le temps d’un week-end allongé, amenait une dimension festive. 

Cinq jours d’effervescence pour une manifestation qui s’affirme comme une opportunité unique d’appréhender toute la création vivante de la capitale invitée, à travers ses écrivains, ses penseurs et ses artistes, tout en créant un espace d’échanges et de partage entre l’Est et l’Ouest.

Littérature, photographie, cinéma, les arts voisinent et se complètent, pourquoi avoir opté pour un festival pluridisciplinaire ?

Pour bien comprendre l’essence et la dynamique d’un pays, il faut avoir un éventail de sa culture. Sans compter que des disciplines se mêlent harmonieusement. C’est le cas avec deux des films d’animation de Theodore Ushev, le parrain de notre édition consacrée à Sofia, qui sont basés sur des textes de Guéorgi Gospodinov. 

Comment la programmation s’organise-t-elle, à partir de quelles grandes lignes, quelles idées directives ?

Avant tout, c’est un fil narratif, qui structure la programmation basée sur la littérature du pays pour avoir une idée de l’esprit, de sa capacité à englober une poétique du monde. Puis en déroulant le fil vient la musique, le théâtre, les arts visuels, la musique, etc... Il y a toujours les affres de la sélection qui se décantent lors des réunions avec les membres de l’association du festival Un week-end à l’Est.

Quel est votre public, quelles sont ses attentes, ses goûts ?

Il est difficile de se faire une idée du profil mais on observe que le public ne se fragmente pas par discipline artistique mais se déploie vers l’ensemble d’une programmation menée par une curiosité insatiable.

Quels sont les temps forts de cette édition, notamment après la crise sanitaire ? Cette année l’accent est mis sur les arts visuels, avec un parcours de neuf expositions dans les galeries du 6e, où il sera notamment possible de découvrir le travail des plasticiens Nina Kovacheva, Stefan Nikolaev, Nedko Solakov et celui des photographes Eugenia Maximova, Elina Kechichevaet Nikola Mihov. Côté cinéma, six courts métrages d’animation Theodore Ushev, deux films de la première réalisatrice bulgare, Binka Zhelyazkova, et quatre films de jeunes cinéastes à découvrir, dont Kamen Kalev et Bojina Panayotova. Côté littérature, des rencontres avec l’écrivain Guéorgui Gospodinov, les écrivaines Théodora Dimova, Kapka Kassabova et Aksinia Mihaylova et latraductrice Marie Vrinat-Nikolov. La musique sera elle aussi au rendez-vous, avec deux concerts à l’église Saint-Germain-des-Près et Saint-Sulpice, avec six musiciens de renom. 

Et pour ne pas oublier ces deux grands noms récemment disparus et depuis longtemps passés dans un patrimoine culturel qui dépasse les frontières de la Bulgarie, deux soirées en hommage à Tzvetan Todorov se tiendront à la Maison de la poésie, avec Léa Todorov et des amis et spécialistes de l’œuvre de Tzvetan Todorov, et un portrait de Christo et de son indissociable complice Jeanne-Claude aux Beaux-Arts de Paris… 

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